Mes derniers instants aux USA et mon retour en France

Encore fatiguée de ma soirée du nouvel an, à mon arrivée à la maison, je file poser mes affaires dans ma chambre. Mes hosts désirent me parler. Enfaîte, ils veulent juste me donner le planning du mois à venir. Rien de bien sorcier, je découvre un planning aussi pourri que celui du mois qui vient de s’écouler, la grand-mère étant encore présente. Ce n’est pas grave, je vais bientôt leur annoncer mon désir de changer de famille. Une question de jour.

Au départ je me suis dis qu’il fallait peut être que j’attend un ou deux mois de plus, histoire de voir l’évolution et de trouver des solutions avec ma host famille mais la grand mère étant présente, début janvier serait le meilleur moment pour changer de famille autant pour eux que pour moi.

Revenons à cette fameuse soirée, après m’avoir donné mon planning, ma host m’a demandé « tout va bien Céline? Tu as quelques choses à nous dire? » et là, ce qui n’était pas prévu, arriva,  j’ai éclaté en sanglot, surement la fatigue, en leur disant que je n’étais pas heureuse chez eux et que je voulais changer de famille, c’était une décision mûrement réfléchie.

Et là tout est allez si vite, on parlait en anglais, en français. Ils ne comprenaient pas, ils ont pensé que c’était le « homesick », je leur expliqué alors que je m’ennuyais, que c’était pas l’aventure à laquelle je m’attendais et qu’être dans un salon toute la journée à jouer avec un enfant d’un an, parler et manger français…. autant être en France.

Ils m’ont demandé plus d’explications alors je leur ai expliqué qu’un enfant ne me suffisait pas, que tous ces produits français qui m’entouraient, n’aidaient en rien, le fait de ne parler qu’en français, que je n’étais pas heureuse ici et qu’il n’y avait pas d’atome crochu avec eux même s’ils ont été gentils avec moi. Malheureusement c’était un peu plus brouillon, tout s’est passé tellement vite, au bout d’un moment ils m’ont demandé d’aller dans ma chambre afin qu’ils puissent en parler ensemble. Ils m’ont répété plusieurs fois qu’ils n’étaient pas fâchés contre moi.

Le lendemain matin, ma host mum toqua à ma porte puis me demanda de les rejoindre dans le salon. Et là, on a mis les choses au clair, ils pensaient que j’avais trouvé un autre famille alors que ce n’était pas le cas. Ils pensaient que le meilleur choix pour moi était de repartir en France. Ils ne comprenaient pas mon choix car pour eux tout était normal et ce n’est pas facile de dire aux gens que leur style de vie ne nous convient pas du tout. Leur dire à quel point rester sur un tapis de jeu tous les jours avec leur fille, peut sembler long. De ne pas découvrir la culture américaine. De manger et parler français. Que le seul américain présent dans le foyer était tellement dans son travail, qu’on ne communiquait presque pas. Que toutes ces choses font que je veuille tester autre chose et vivre à fond l’aventure au pair, ou vivre autre chose que ce nouveau quotidien.

Tout d’un coup, tout se transforma en cauchemar. Ils me demandèrent de prendre mes dispositions car j’étais une grande fille. Qu’ils avaient été assez généreux avec moi et vu qu’ils ne voulaient plus que je garde Lilly, je restais chez eux gratuitement. Ah oui! Je pouvais plus garder Lilly car (qui sait), vu que j’avais versé une larme en leur annonçant mon départ, j’étais peut être dépressive et ne me sachant pas heureuse en gardant leur fille, ils ne voulaient prendre aucun risque.

En une matinée j’étais devenue une vraie inconnue. Pauline pouvant m’héberger une nuit, j’ai saisi l’occasion. En même pas 30 minutes mes valises étaient bouclées. La mère toqua à ma porte, me demandant si par hasard je n’avais pas un double des clés dans mes affaires, j’ai donc pris l’occasion pour récupérer mes portes clés à l’entrée. C’est là que j’ai compris comment c’était devenu du N’IMPORTE QUOI! Ils avaient enlevé toutes les clés du porte clé à l’entrée comme si j’allais piquer leurs clés. Tsssss. J’allais peut etre venir une nuit me glisser chez eux et partir avec le piano. On sait jamais quoi !

Puis la mère me demanda la carte SIM de mon téléphone car elle leur appartenait. A cet instant là, je ne pouvais rester sans téléphone à l’autre bout du monde, je lui proposa de lui racheter mais non, elle voulait la récupérer. Suuuuuuper!

Quand Pauline arriva, ma host me précisa que ce n’était pas la peine ni qu’elle sonne ni qu’elle rentre. Elle me serra la main en me sortant une « bonne continuation ». Mon Host m’accompagna dehors et fit de même. En moins de 24 heures, j’étais sans host famille, sans téléphone et sans agence.

Sans agence? Car mon agence était fermée jusqu’au lundi pour les fêtes de fin d’année et ma LCC (conseillère) en avait rien à foutre de moi. Elle n’avait pas de chambre pour moi donc pour elle aussi je devais me débrouiller alors qu’elle aurait dû être là. Mais depuis le début de l’aventure, elle ne sait pas investit et m’a pris pour une débile car mon niveau d’anglais était insuffisant selon elle. Elle dois faire partie du top 5 des pires LCC aux USA.

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Pauline ne pouvait pas me garder chez elle plus longtemps. Après une recherche avec l’aide de ma famille et amis pour me trouver un logement, ma sœur Mylène me réserve une chambre dans un motel. Le pur motel américain. J’étais à la fois morte de trouille et contente. Je me posais de plus en plus de question sur l’avenir de mon projet au pair. Depuis le début de l’aventure, je me posais des questions. Après une remise en question, j’ai pris le choix de rentrer en France mais parallèlement j’étais déjà en contact avec une autre famille dont une au pair m’avait donner le contact.

La famille avait l’air gentille, avec deux enfants, une fille de 7 ans et un garçon de 9 ans. Sans français à la maison. Les enfants faisant de nombreuses activités extra-scolaires. Un planning ou je disposerais de la plupart de mes week-end. J’étais supposée faire 7h/8h30 et 15h30/20h. La famille logeait à Fairfax vers Washington DC. Donc autant dire vers mes copines. Mais bon, je sais pas si j’avais envie de tout recommencer. Si garder des enfants me convenaient vraiment.
[Edit Kelly: Et vous savez quoi ? Aujourd’hui c’est ma copine Jennifer (après un rematch) qui vit dans cette famille, car Céline m’avait donné leur coordonnés, et ils sont géniaux :)]

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Je me suis posée des millions de questions, j’ai pesé le pour et le contre. Mon rematch était accepté mais j’avais pris ma décision, je voulais rentrer en France. Garder des enfants n’était plus ma tasse de thé. Je ne voulais plus. Je trouvais qu’être au pair ce n’était pas fait pour moi. J’avais besoin de plus d’action, et du haut de mes 24 ans , je voulais que ma vie prenne un tournant différent. Rentrer dans la vie d’adulte. Prendre cette décision était comme une évidence mais elle me remplissait de tristesse car je devais dire au revoir à Pauline, Claire, Nolwenn, Kelly et les autres. Dire au revoir aux USA. En me promettant de revenir très vite 🙂

Après le motel et grâce à Kelly, je fus en contact avec une au pair pouvant m’héberger, elle était en vacances dans la région. Ils étaient super et grâce à eux, j’ai su que partir était la bonne décision.  Aylin avait en charge deux enfants de 3 ans et 10 mois. Ils étaient trop mignon. Quand j’aidais Aylin à m’en occuper, je sentais qu’être au pair n’était pas fait pour moi. J’étais impatiente de rentrer en France et de retrouver mes petits frères.

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Le motel
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Comme dans un film

Pauline m’accompagna à la gare après une dernière fois à Panera Bread. Avant de repartir en France, je fit un dernier arrêt à DC, voir les filles une dernière fois en leur promettant de revenir pour le road trip dans 10 mois à peine. J’ai enfin mangé des pancakes à IHOP.

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Dernier repas avec Pauline avant le départ
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              Petit coucou à Claire à DC

Le lendemain direction l’aéroport, mon vol était de nuit avec Turkisch Airlines. J’étais vraiment contente de voyager avec cette compagnie. Tellement mieux que Brussels Airlines de l’aller. Je suis tombée côté hublot. Un coussin, une couverture, des chaussettes, des pantoufles et pleins d’autres choses prévus pour notre plus grand confort. J’ai eu une escale à Istanbul où pour 50€ j’ai passé la nuit dans un hôtel 4 étoiles, traitée comme une princesse. Puis le lendemain matin, direction la France où Marine m’attendait.

Très peu de gens était au courant de mon retour en France, juste quelques amis et deux de mes sœurs. Ma mère fut ravie de me retrouver, elle en tomba même dans les pommes une fraction de seconde et Mélanie versa quelques larmes. J’étais tellement heureuse de retrouver mes petits frères. Pierre avait tellement changé et j’étais pour lui une inconnue.

Et maintenant? Je continue toujours à faire mon BTS par correspondance. Je travaille actuellement à UGC (au cinéma), j’adore mon nouveau boulot, ça me change vraiment de Bettant (patisserie).  Je profites à fond de ma famille, dès que j’en a l’occasion je vais supporter JB au foot ou je passe du temps avec eux.

La prochaine étape ? Avoir un CDI en 35 heures,  prendre mon appartement, aller faire le road trip avec les filles mi-octobre, découvrir la côte ouest.

Si deux mois après je regrette d’avoir quitter le programme? Non! Mais je regrette pas d’avoir vécu cette expérience, qui m’aura permis de passer mon permis de conduire, de me détacher de ma famille, de voir la vie différemment, de changer aussi et de grandir!

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See you soon!

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